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Cameroun :Activisme des droits de l’homme : Les 11 qui font bouger le Cameroun

 Enquête sur ces hommes et femmes, juristes, enseignant d’université, journalistes et autres syndicalistes. Ils sont établis au Cameroun autant qu’ils vivent à l’extérieur. Malgré les intimidations et la répression sur quelques uns, ils ne reculent point mus qu’ils sont par le combat pour l’avènement d’un Etat de droit au Cameroun;

 
1- Maximilienne Ngo MBE
Pour son combat en faveur des droits humains, que ne subit-elle pas depuis une vingtaine d’années ? Tentative d’enlèvement de ses enfants comme ce fut le cas le 5 avril 2013, filatures, intimidations, menaces de mort. Mais Maximilienne Ngo Mbe, Directrice exécutive du Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (Redhac) et fille d’enseignant, a de la détermination jusqu’au bout des ongles et de l’énergie à revendre. Récemment, elle est montée au front en sa qualité de responsable du Redhac pour condamner l’arrestation par des unités spéciales de la police d’Aboubacar Sidiki, leader du Mouvement Patriotique du Salut Camerounais (MPSC). Ce dernier était accusé par le pouvoir de déstabiliser le pays. Maximilienne Ngo Mbe s’est aussi prononcé pour la libération de Michel Thierry Atangana, le Franco-camerounais qui jusqu’à sa libération le 22 février 2014 était détenu au secrétariat d’Etat à la défense pour « détournements de deniers publics. Le Redhac que dirige de main de maître Maximilienne Ngo Mbe s’est également mobilisé en 2012 pour la restitution du bébé volé de la jeune Vanessa Tchatchou.
 
2- Joël Didier et Fabienne Engo
 
« Au nom de mon père je me bats ». Cette phrase à elle seule a été une philosophie de combat pour Joel Didier Engo. En effet, c’est la bataille pour la libération de son père, Pierre Désiré Engo, ancien patron au Cameroun de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps) qui a propulsé ce juriste de formation installé en France depuis de longues années au devant du combat pour les droits de l’homme au Cameroun. Ecroué à la prison centrale de Yaoundé en septembre 1999 pour « prise d’intérêt dans un acte », Pierre Désiré Engo ne sera jamais jugé pour ce chef d’accusation mais pour bien d’autres à savoir « chèques sans provision » et « complicité de détournements de deniers publics ». Mais selon son fils Joël, « il n y ’avait rien à voir ». C’est ainsi que lui et son épouse de nationalité française, Fabienne Debarges, vont se mobiliser (constitution de cabinet d’avocat français, lobbying auprès des autorités françaises, campagne de sensibilisation dans les médias en ligne camerounais et sur les réseaux sociaux) pour la mise en liberté de son père. C’ Le 7 mai 2014, l’ancien Dg de la Cnps a bénéficié d’une liberté sous surveillance. Entre temps, Joël Didier Engo, après avoir milité au sein du comité de soutien à Michel Thierry Atangana, (ex-prisonnier français incarcéré au Cameroun pendant 17 ans et libéré en février dernier), a créé le 3 mai 2014 en France un Comité de libération des prisonniers politiques au Cameroun, chargé de défendre les camerounais victimes, comme son père auparavant, d’emprisonnement pour des motifs politiques maquillés en condamnation pour délit de droit commun. Son épouse, Fabienne Debarges en assure la vice-présidence. Militant de longue date du parti socialiste en France, Joël Didier Engo est le fondateur de l’association Nous pas bouger, qui défend les droits des étrangers.
 
3- Delor Magellan Kamseu Kamgaing
 
Sa passion ? Voir les Camerounais consommer de la bonne qualité, surtout à moindre coût. Là est son combat aussi. Delor Magellan Kamseu Kamgaing a en quelques années réussi à se tailler une réputation d’activiste des droits de l’homme, notamment dans le domaine de la consommation des produits de première nécessité. En ce moment, il fait signer une pétition contre la hausse du prix de l’eau qui doit entrer en vigueur en janvier 2015. La pétition à ce jour a déjà récolté plus de 2 000 signatures. Par ailleurs, à travers une grève de la faim qui a duré une semaine devant les locaux de l’Agence de régulation du secteur de l’électricité à Yaoundé, le président de la Ligue camerounaise des consommateurs (Lcc) a réussi en avril dernier à faire plier le genou au gouvernement camerounais dans sa volonté de revoir à la hausse les coûts de l’électricité. En septembre dernier, alors qu’il préparait un sit-in pour contester la hausse des cours du carburant entrée en vigueur le 1er juillet dernier, il a essuyé de la part des autorités préfectorales, une interdiction de manifester devant les locaux du Premier Ministère à Yaoundé. C’est dire si la passion pour le bien-être du peuple camerounais qui caractérise Delor Magellan Kamseu Kamgaing ne laisse point indifférent en haut lieu.
 
4- Me Alice Nkom
 
Sa silhouette drapée d’une robe noire et chaussée de paires de tennis fait partie du décor aux palais de Justice à Yaoundé comme à Douala. Notamment lors des affaires liées à la campagne de lutte contre la corruption ‘Epervier’. Me Alice Nkom a d’ailleurs fait partie du pool des avocats qui défendait le prisonnier politique Marafa Hamidou Yaya en 2012. Avocate au barreau du Cameroun depuis près d’une cinquantaine d’années, première femme noire à réussir l’examen d’accès au barreau, Me Alice Nkom est aussi une militante des droits de l’homme reconnue sur le plan international.En 2012, le journal américain New Yorker l’a sacré femme africaine de l’année. Représentante au Cameroun de l’Ong Avocats Sans Frontières, son combat pour la cause des homosexuels au Cameroun lui attire pas mal d’ennemis au Cameroun, pays où l’homosexualité est punit par la loi, autant qu’il lui vaut des menaces de morts. Mais à l’international, cette bataille force l’admiration. En novembre 2013, elle reçoit le prix des droits de l’homme de la branche allemande d’Amnesty International. Présidente du Conseil d’Administration du Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale(REDHAC), Me Alice Nkom est aussi la marraine du Comité de libération des prisonniers politiques au Cameroun (Cl2p) mouvement créé en mai dernier à Paris en France.
5- Jean Marc Bikoko
 
Il est l’une des figures marquantes du syndicalisme au Cameroun. Président de la Centrale syndicale du secteur public, Jean Marc Bikoko, 56 ans, milite depuis plusieurs années pour le rétablissements des salaires des fonctionnaires à leur niveau de 1993. A cette époque, à la faveur de la crise économique, l’Etat camerounais décide de diviser par 3 le salaire des agents publics . En novembre 2010, alors qu’il s’apprête à observer une marche pacifique au centre administratif de Yaoundé pour inviter le Gouvernement à redonner du sourire aux fonctionnaires, il est arrêté et embarqué de force par les éléments du commissariat central de Yaoundé dans un véhicule de la police, en compagnie d’autres syndicalistes. Inculpés pour manifestation illégal, ils bénéficieront d’un non lieu le 5 mars 2012. Jean Marc Bikoko est le point focal de Dynamique citoyenne, un réseau d’organisation de la société civile dont le but est d’assurer un suivi des politiques publiques. C’est à travers cette plate-forme que M.Bikoko invite le président camerounais, Paul Biya, à déclarer ses biens conformément à l’article 66 de la constitution du Cameroun.
 
6- Hilaire Kamga
 
Appelons le simplement citoyen Hilaire Kamga. C’est ainsi qu’il désigne toutes les personnes qu’il aborde. Pour lui, un bon citoyen équivaut à la plénitude de son droit de vote. Et c’est ce droit qui fonde son combat. A la veille de la présidentielle de 2011, il publie un livre intitulé « l’Offre Orange ». Un livre qui dessine les contours d’une transition pacifique après Paul Biya en 2011. Mais les cérémonies de dédicace de l’ouvrage qu’il organise à travers le pays essuie les interdictions des autorités administratives, notamment dans la ville de Bafia (centre) en mars 2010. Fin septembre 2011, il est kidnappé à Yaoundé par des personnes inconnues alors qu’il sort de sa banque. Ces dernières lui intime l’ordre d’arrêter son activisme. Cet acteur de poids au sein de la société civile camerounaise a longtemps milité pour l’adoption au Cameroun d’un Code électoral unique. Ce sera chose faite en avril 2012 même si son contenu n’a pas comblé les attentes du citoyen Hilaire Kamga.
 
7- Odile Tobner Biyidi
 
Malgré le décès en 2001 de son époux, l’écrivain célèbre Mongo Beti (de son vrai nom Alexandre Biyidi), Odile Tobner n’a rien perdu de sa passion pour les droits de l’homme. Docteur en littérature française, elle est présidente de l’Ong Survie, qui lutte pour l’assainissement des relations entre la France et l’Afrique. C’est sous la bannière de cette Ong qu’elle dénonce en mai 2012 les effets néfastes sur l’environnement du pillage des forêts camerounaises par les sociétés appartenant à Frank Biya, fils du chef de l’Etat camerounais. En juillet 1997, au sein du Comité de libération du citoyen Edzoa (Colicite) fondé par son mari,elle défend la cause de l’ex-ministre camerounais Titus Edzoa, incarcéré à la prison centrale de Kondengui pour détournement de deniers publics alors qu’il venait de démissionner du gouvernement de Paul Biya puis de déclarer sa candidature à la présidentielle de cette année-là.
 
8- Jean Claude Shanda Tonme
 
A l’évocation de ce nom, les lecteurs du journal camerounais Le Messager se souviennent de ses chroniques à la phrase piquante et croustillante sur l’actualité au Cameroun et à l’étranger. Mais ce diplomate et juriste de 60 ans a le militantisme des droits de l’homme jusqu’au bout des ongles. En 1990, il fait partie des intellectuels qui signe une pétition pour exiger la libération de Célestin Monga, banquier de formation et journaliste à Jeune Afrique Economique. Président de la Commission indépendante de lutte contre la corruption et la discrimination (Comicodi), Jean Claude Shanda Tonme combat sans relâche pour la cause des faibles. En 2012, la Commission, sous sa houlette, s’est mobilisée pour la restitution à la jeune fille mère Vanessa Tchatchou de son bébé volé. Ce mouvement vole au secours des victimes de nombreux abus de la part des agents de l’Etat.
 
9- Jean Bosco Talla
 
Comme on dirait dans les rues camerounaises : « Cet homme a le cœur ». Le courage, la témérité, le jusqu’au-boutisme, Jean Bosco Talla, journaliste et directeur de l’hebdomadaire camerounais Germinal (qui a disparu des kiosques depuis pas mal de temps), les incarne au point d’hérisser les cheveux du régime de Yaoundé. En décembre 2009, il est condamné à un an de prison avec sursis pour avoir publié dans son journal des extraits du livre intitulé « sang pour sang » d’Ebale Angounou. Un livre qui dévoile certaines pratiques magiques impliquant le chef de l’Etat camerounais en personne. Depuis quelques années, il organise à Yaoundé La Grande Palabre, une plate-forme d’échange entre journalistes, universitaires et experts  sur des problématiques liées à l’actualité brulante de l’heure. Une initiative plusieurs fois interdite par les autorités préfectorales de Yaoundé. Activiste infatigable des droits de l’homme, plusieurs fois victimes d’intimidations et de menaces de morts, Jean Bosco Talla est membre de Human Right Initiative et apporte de temps à autre quelques coups de main à l’Association de défense des droits des étudiants du Cameroun(Addec).
 
10- Bernard Njonga
 
L’annonce faite récemment par cet ingénieur agronome de se retirer de la présidence de l’Association  camerounaise de défense des intérêts collectifs (Acdic) a résonné comme un coup de tonnerre sur le ciel de la société civile au Cameroun. Bernard Njonga a déclaré récemment avoir créé un parti politique, Croire au Cameroun (CRAC). Il entend y poursuivre son combat pour la réforme du monde paysan. Mis à l’index par le pouvoir de Yaoundé, Bernard Njonga s’est illustré en 2008 par les dénonciations, photos à l’appui, des détournements par certains barons du régime camerounais de tracteurs octroyés au Cameroun par le gouvernement indien. Deux ans plutôt, il fait venir au Cameroun l’altermondialiste français José Bové, pour une campagne de lutte contre l’importation au Cameroun de poulet congelé. En mai 2011, il organise une marche de paysans et agriculteurs venus des 10 régions du Cameroun. La manifestation sera durement réprimée par les forces de l’ordre.
 
Michel Biem Tong.
 
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