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Communiqué de presse

Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC) a appris avec consternation l’assassinat de M. Gueimé Djimé, responsable de Os-Civil, Droits de l’homme, une association de défense de droits de l’homme basée à Kousseri, Extrême Nord du Cameroun. Le 07 juillet 2011, au siège du REDHAC, le point focal et la Directrice Exécutive ont rencontré M. Aladji Mey Ali, Président de l’OS-Civil Droits l’Homme en fuite de Kousseri, qui tout tremblant nous a relaté ce qui suit : « Depuis, 2004, l’Os-Civil Droits de l’homme conteste le choix d’élection de deux chefs traditionnels des villages AFADE et NGARDOUKOUM, ceci avec le soutien des populations et des autres chefs de 3e degré qui estiment que l’élection des deux chefs cités plus haut n’a pas été organisée selon les normes de la législation en vigueur au Cameroun et notamment le décret n° 77/245 du 15 juillet 1977 portant organisation des chefferies traditionnelles au Cameroun énoncé en son article 11 et qui stipule : « les notabilités coutumières compétentes sont obligatoirement consultées pour la désignation d’un nouveau chef à l’occasion d’une vacance de la chefferie ». Selon ces derniers, les deux chefs auraient été imposés par les autorités Administratives de la région notamment M. BONA EBENGUE Francois Préfet du Département du Logone et Chari de l’époque, Abouguiresse , Maire de Makary et Mohamat Tom allias ‘’ Tallaf’’ un homme d’affaires de la région». Depuis cette date, nos collègues sont devenus la cible de ces deux chefs traditionnels. C’est ainsi que le 31 Mai 2011 avant son assassinat, Meali Gueimé, le chef traditionnel de la chefferie d’Afadé à porter plainte auprès du nouveau préfet à 7 personnes dont Aladji Mey Ali et Gueimé Djimé de l’association OS-Civil Droits de l’Homme pour déstabilisation de ces chefferies et a déclaré « qu’il aurons affaire à lui ». Le 07 juin 2011, une réunion secrète s’est tenue à la chefferie d’Afade sur convocation des deux chefs traditionnels sus-cités et en présence de Mohamat AZrak, un des inculpés aujourd’hui dans l’assassinat de notre collègue. Une tournée du Sous préfet de la localité devait avoir lieu le 11 juin 2011 à Yobe dans un village de kousseri pour rencontrer les populations, M. Gueimé Djimé, chargé de recueillir les informations de l’association Os-Civil Droits de l’homme devait y prendre part. Malheureusement, dans la nuit du 10 au 11 juin 2011 aux environs de 1 heure du matin, deux personnes non identifiées se sont introduites chez lui et en présence d’une de ses épouses l’ont tiré deux balles, une à la gorge et une autre au niveau de la poitrine. Il est décédé sur le champ de suite de ces blessures Dans la même nuit, M. Garba Gaudousso, une élite de la chefferie d’Afade s’est empressée de faire circuler la nouvelle. Selon les sources de gendarmerie, 4 personnes ont été arrêtées à savoir M. Garba Gaudousso, AZrak qui a assisté à la réunion, du 07 juin 2011 à la Chefferie, Kadre Barka, Emar Mahamat. Garba Gaudousso qui était seul gardé à la compagnie de gendarmerie de Makary a été relâche sans explication le lundi 04 juillet 2011. les 3 autres qui étaient gardés à la brigade d’Afade ont été transférés depuis hier le 11 juillet 2011 à la prison de Garou pour y répondre de leurs actes devant le Trbunal militaire. Pour tout ce qui précède, le REDHAC : 1. Condamne avec fermeté l’assassinat de Gueimé Djimé et les menaces proférées à l’encontre du président Aladji Mey Ali, autres membres de Os-Civil droits de l’homme à Kousseri et tous les défenseurs de l’extrême Nord et du Cameroun; 2. Adresse ses vives condoléances à tous les membres de l’association OS-Civil de Kousseri, aux membres de sa famille et à tous les Défenseurs des Droits Humains au Cameroun et en Afrique Centrale ; 3. Apporte tout son soutien aux membres de l’association des Défenseurs des Droits Humains OS-Civil de Kousseri et à tous Défenseurs des Droits Humains victimes des assassinats et toutes sortes de menaces au Cameroun et en Afrique centrale ; 4. Craint que l’assassinat de Gueimé Djimé ne soit un début d’une nouvelle série qui a pour but de faire taire les Défenseurs des Droits Humains au Cameroun à l’orée du processus électoral prévu au Cameroun en Octobre 2011; 5. Met en garde le gouvernement Camerounais en particulier, mais aussi tous les gouvernements de l’Afrique Centrale contre toutes les exactions commises contre les Défenseurs des Droits de l’Homme. Le REDHAC ne ménagera aucun effort pour saisir tous les mécanismes juridictionnels et non juridictionnels afin que justice soit rendue et que les auteurs de ces crimes ignobles et iniques soient sanctionnés. Face à cette situation, le REDHAC recommande : 1.Au gouvernement Camerounais - D’ouvrir, sans délai, une information judiciaire sur l’assassinat de Gueimé Djimé afin que les vrais coupables de cet assassinat odieux soient identifiés et traduits devant les juridictions compétentes du Cameroun; - De prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection de Aladji Mey Ali en fuite et des autres Défenseurs des Droits Humains au Cameroun en danger dans cette région ; - De prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer à la famille de notre collègue assassiné la protection physique et morale et de s’assurer de leur bien être au quotidien ; - De respecter, en toute circonstance, les engagements pris par l’Etat Camerounais en matière de respect des droits des défenseurs notamment la liberté de manifester pacifiquement ainsi que le respect du droit à la vie ; A la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : - D’exiger du gouvernement Camerounais le respect de ses engagements concernant la protection des défenseurs des droits de l’homme tel que stipulés dans les Déclarations de Kigali et de Grand Baie ; - d’exiger du Gouvernement Camerounais de faire arrêter les vrais coupables et de les juger selon la réglementation en vigueur au Cameroun ; - De soutenir le plaidoyer pour la protection des défenseurs des droits humains en exigeant des Etats Africains de s’engager publiquement et fermement à prendre des mesures pour la protection effective des droits de l’homme dans leur législation; - De faire respecter les libertés le droit d’appartenir à une association, de participer à la vie publique et aux manifestations pacifiques et publiques. Au Conseil des Droits de L’homme de l’ONU : - De demander aux autorités de la République du Cameroun de garantir la sécurité physique et psychologique des défenseurs des droits de l’homme sur son territoire ; - De se conformer aux dispositions de la Déclaration des Nations Unies sur les Défenseurs des droits de l’Homme ; - De demander aux Etats de l’Afrique Centrale de s’engager publiquement en incluant dans leurs législations des dispositions pour la protection des défenseurs des droits de l’homme. Fait à Douala le 11 juillet 2011

 
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